Depuis sa fondation en 1987, Vertigo a connu plusieurs vies, mais n’a jamais dévié de son ambition première : rapprocher l’écriture sur le cinéma de la matière des œuvres, repartir des films, sans a priori théorique et en-dehors de toute chapelle.
A raison de trois numéros par an, Vertigo poursuit un chantier de réflexion qui conçoit le cinéma comme lieu privilégié d’inscription et d’interprétation du monde contemporain. Un tel projet implique de mettre à jour des rapports de connexion, de tension ou de rupture entre les films, de dégager la reconfiguration qu’ils ébauchent et du monde et du cinéma.
Notre intention est de faire exister un espace où puissent s’articuler vitesse de réaction et réflexion au long cours, un lieu de pensée où le cinéma contemporain puisse être mis en perspective.
Notre questionnement s’efforce d’articuler trois plans :
Comment fait-on du cinéma aujourd’hui ? D’un numéro à l’autre, les rédacteurs de la revue s’attachent à témoigner de l’évolution de la fabrique du cinéma, en rencontrant les cinéastes, acteurs, et collaborateurs divers dont le travail éveille leur curiosité et anime leur réflexion.
À partir de quels enjeux, sur quelles tensions les films actuels prennent-ils forme ? Quelles puissances d’invention s’y font jour ?
Il s’agit ici de mener une analyse critique des formes du cinéma contemporain, non en les concevant comme des données « muettes », déliées de toute histoire et idéologie, mais en les rattachant aux imaginaires, mythologies et récits qui les traversent.
Notre démarche consiste clairement à envisager la réflexion sur le cinéma comme une affaire qui relève conjointement de l’esthétique et du politique. Il s’agit de ne jamais se départir de l’idée selon laquelle toute forme, quelle qu’elle soit, inscrit une certaine vision du monde et de l’histoire, implique un découpage du réel où se rejoue, de manière indirecte ou manifeste, la question de la communauté, l’expérience à la fois collective et particulière, sensible et mentale de notre lien au monde.